Économie — Cours 5 : théorie des jeux, équilibre de Nash, optimum de Pareto, et les trois fonctions de la monnaie

🎬 Voir la séance sur WebCampus · 📄 ECO - 5.txt (transcription automatique de la plateforme, dans ~/Documents/La Uni/Bac 2/Eco/)

⚠️ Avertissement sobre la fuente. Esta nota cubre una clase de 2 h 07 de la que solo se tiene la transcription automatique del panel de WebCampus: los archivos de esta sesión no son descargables y no hay audio, así que no hay marcas de tiempo y no se puede contrastar el tono. Dos cosas mitigan el problema:

  1. ✅ La nota se ha contrastado con los slides oficiales (Eco/Slides/CH2 §3 y CH3 §1). Todas las tablas, cifras y referencias de página vienen de ahí, no del audio. La transcripción solo se usa para el hilo del razonamiento y las citas textuales.
  2. ⚠️ La transcripción tiene ruido de duplicación (mismas frases copiadas dos veces, a veces con palabras sustituidas) y agujeros (el diálogo del film, línea 152, es ilegible). Esto afecta a las citas entrecomilladas, no a los datos: los datos están todos verificados contra los slides.

📄 Lo que sí hay que revisar en el vídeo está marcado con ⚠️ en cada punto, y todos están listados en « Doutes / à vérifier » al final.


0. Cómo esta transcripción debe leerse (y cómo no)

Antes de entrar en la materia, la mecánica del archivo, porque explica por qué hay frases raras:

  • Buena noticia: esta nota se ha contrastado con los slides oficiales de las dos secciones impartidas, que estaban en Documents/La Uni/Bac 2/Eco/Slides/:

    • CH2 - Choisir et interagir - Sections 3.pdf (39 p., Faits et décisions économiques, 28/09/2025) — la parte de teoría de juegos.
    • CH3 - Coordonner - Sections 1.pdf (47 p., 30/09/2025) — la parte de la moneda.
    • CD01-2026 Questionner-Observer.pptx — la plantilla de la méthode KERIR.

    Los números, las tablas de ganancia y las referencias de página que aparecen abajo salen de los slides, no de la transcripción. Donde el audio y el slide discrepan, manda el slide y se indica.

  • Duplicación literal: el reconocedor repite el mismo texto. Ejemplo, líneas 2-3: « Voilà, voilà, bonjour, bonjour, j’espère que vous allez bien. » seguido de « j’espère que vous allez bien. ». Esto se ha eliminado de esta nota: no es información, es ruido. Hay ~320 líneas duplicadas de 2085.

  • Duplicación con sustitución: aquí está el peligro. El reconocedor repite la frase cambiando palabras, y el resultado es a veces una afirmación econòmicamente falsa. Ejemplo, líneas 1622-1623: « ça peut se déprécier quand les prix augmentent, mais ça peut aussi s’apprécier quand les prix montent ». Resuelto con el slide 16 de CH3 §1, que dice « ne s’apprécie qu’en cas de baisse générale de prix (déflation) ». La versión correcta es: el poder de compra sube cuando los precios bajan. Es el único caso en que el ASR invierte el sentido económico de una frase.

  • Repeticiones del profesor: hay que distinguirlas del ruido. « Vous voyez le truc ? » aparece 4 veces, « Pourquoi ? » 4 veces, « Vous avez répondu ? » 4 veces — son interacción de aula, se conservan todas. En un cours de théorie de jeux, una repetición del profesor puede ser deliberada.

  • ⚠️ Lo que sigue sin poder recuperarse: (a) el audio, así que no hay marcas de tiempo ni verificación del tono; (b) el diálogo del fragmento de film que el profesor proyecta (línea 152 de la transcripción, ilegible); (c) la tabla de ganancias del juego de la circulación, que está en el livre p.73 y no en los slides disponibles. Estos puntos van marcados como [transcription incomplète]. Ese es el límite duro de esta nota frente a la regla de «no omitir nada».

La método del cours : KERIR

El profesor lo dice en voz alta al cambiar de tema (línea 1343) y se repite en cada slide de transición. Es la estructura de todo el curso, y por eso los títulos de las diapos de los dos capítulos son casi idénticos:

PasoSignificadoEjemplo en esta sesión
Question ?¿Qué pregunta se responde?« Comment la monnaie contribue-t-elle à coordonner les décisions d’usage des ressources ? »
Observations ?Qué se ve, qué se constateEl boa qui se reproduit dans un espace fermé ; les gens qui se passent devant la file
ExempleUn cas concretBananes et pommes ; le cartel de l’OPEP ; Lehman Brothers
RraisonnementConcepts → articulation → explicationsIncitant, stratégie, meilleure réponse, équilibre de Nash
ImplicationsExercice, application, vérificationCalculer l’équilibre d’un jeu ; calculer l’indice des prix
RéflexionExtensions : gestion d’entreprise, cadre politique, question de rechercheComment sortir du dilemme du prisonnier ? Cryptomonnaies et stable coins

⚠️ No confundir con « CAP » : el acrónimo del Conseil Assistatif? no — aquí es la CAP, la Assemblée étudiante que gestiona los codes à projet (ver §15). Son dos cosas distintas.


PARTIE A — La théorie des jeux

1. Rappel des trois dimensions, et ce qui est nouveau

Le cours s’ouvre par un rappel des trois niveaux déjà vus.

  • 1er niveau — le choix individuel : un agent confronté à la limite de son temps. Quand il consacre son temps à une activité, il renonce à une autre et à tous les bénéfices de cette autre activité : c’est le coût d’opportunité, base de l’analyse coût-bénéfice.
  • 2e niveau — les échanges : « les gens ne sont heureusement pas tout seuls ». Les gains de l’échange viennent de l’avantage comparé, c’est-à-dire du fait qu’il y a production d’un bien pour lequel on a un coût d’opportunité inférieur à celui de l’autre agent. D’où échange et spécialisation dans le bien où chacun a le coût d’opportunité le plus bas.
    • Chose remarquable : « chacun a effectivement un avantage comparé même en absence d’avantage absolu ».
  • 3e dimension — le stratégique : « on ne prend plus simplement les capacités de l’autre comme données ou les taux d’échange comme données, mais on se rend compte qu’en fait il y a une possibilité de manipuler le résultat », c’est-à-dire d’adopter une stratégie qui tient compte de la stratégie de l’autre.

Les incitants, on les connaît déjà. « En fait, on l’a déjà compris avec le coût d’opportunité : on fait des choix en fonction d’une analyse coût-bénéfice. » Idem avec les gains de l’échange, et l’équilibre individuel (chacun décide ce qui le satisfait compte tenu de ses données personnelles).

Exemple rappelé : le bénéfice marginal d’une année d’études pour Justine Henin était très inférieur à son coût marginal ⟹ pas d’intérêt à faire des études supérieures, du moins à l’âge où on en fait.

Ce qui est neuf : « il arrive qu’on doive aussi tenir compte de manière stratégique de ce que d’autres pourraient faire en réponse à ce qu’on fait soi-même ».

Le programme annoncé pour la section : les incitants, les stratégies (la manière dont les incitants créent un comportement), les équilibres (la compatibilité des choix individuels entre eux), et l’optimum (« est-ce qu’il y a moyen de faire mieux que l’équilibre ? »).

2. Équilibre, optimum, justice : trois notions à ne pas confondre

C’est le passage théorique central de la séance.

  • Équilibre = une situation stable, « une situation qui ne bouge pas ».
  • Équilibre ≠ optimum : « l’équilibre au sens scientifique, ce n’est pas la justice ; ce n’est pas ce qui est équilibré, ce qui est juste, ce qui plaît à tout le monde ».
  • Équilibre ≠ justice, dans les deux sens :
    • « l’équilibre au sens scientifique, c’est une situation qui est stable, qui ne bouge pas. Et ça n’est pas nécessairement la situation optimale » ;
    • et un équilibre trop sous-optimal « probablement que ça va bouger et que ce ne sera pas un équilibre ».
  • Le lien avec le sens commun : sans définition précise, « il faut quand même que ce soit suffisamment juste pour que ça ne crée pas de tensions. Mais si ça crée des tensions, ce n’est pas tout à fait un équilibre au sens physique ou scientifique du terme ».
  • Un équilibre du moindre mal : dans les situations stratégiques, « *on va en quelque sorte faire quelque chose par précaution, parce qu’on veut éviter que l’autre nous nuise. Mais on n’atteint pas l’optimum, on pourrait faire mieux tous les deux, par étoile » (rappel du tout début du cours).
    • Améliorer la situation de l’un sans détériorer celle de l’autre « demande une coordination qui n’est pas spontanée, et qui demande donc quelque chose de plus à ce que j’ai appelé des institutions ».
  • La conclusion qui justifie tout le reste du cours : puisque l’équilibre et l’optimum peuvent différer, et que les comportements guidés par le seul intérêt individuel ne servent pas nécessairement l’intérêt collectif, « on va mettre en place des institutions qui favorisent la recherche de l’intérêt collectif si possible, par les individus eux-mêmes, sans qu’on doive beaucoup les contraindre, mais parce que simplement il y a des éléments d’organisation qui guident les gens dans la bonne direction et qui évitent les comportements nuisibles ».

3. « A Beautiful Mind » : Nash et l’intérêt individuel

Introduction par un extrait de film. Le profe « je vous présente un extrait du film Nash, John de son prénom, un homme d’exception. Un film qui a déjà un petit temps » ⚠️ (le titre du film n’est pas dit ; c’est très probablement A Beautiful Mind).

La thèse que le film sert à illustrer : Nash a pris son Nobel pour avoir montré que « la recherche de l’intérêt individuel ne conduit pas toujours à l’intérêt collectif s’il n’y a pas un accord entre les parties ».

Opposition avec Adam Smith, « le père de la modernité économique » : Smith avait dit que dans le cadre de la compétition, les ambitions individuelles servent à la communauté. Le profe répond à ses étudiants par « Exact », puis nuance : « Adam Smith a dit que pour atteindre leur but, il faut que les membres du groupe s’occupent d’abord d’eux-mêmes — c’est ce qu’il a dit, pas vrai ? » ⟹ « C’est incomplet ». La version complète est qu’« il faut que les membres du groupe s’occupent à la fois d’eux-mêmes et du groupe ». Et de conclure : « Adam Smith avait tort. »

La scène : Nash au restaurant avec ses quatre copains, doctorants en sciences économiques, en 1950 à l’université de Princeton (États-Unis). Il y a quatre jeunes filles.

  • L’un d’eux propose : « si c’est pour aller pour toi tout seul, là tu nous as roulés » ⟹ la répartition se fait, chacun avec une fille.
  • ⚠️ Le dialogue du film est en grande partie illisible dans la transcription (ligne 152, ~40 mots enchevêtrés). Ce qui est clair :
    • « Tu ne te souviens pas, t’es classique » (à propos du duel à l’épée / des pistolets à l’aube).
    • « la blonde que tu tiens vaut mieux que deux, tu l’auras » — un étudiant doute : « Je ne crois pas qu’on dise ça ».
    • « Que personne ne bouge » — le plan de la répartition.
    • « il y a un petit échec » ; « il nous envoie valser parce que personne n’aime être un deuxième choix ».
    • « Mais si personne n’attaque la blonde, on ne se court-circuite pas les uns les autres, on n’insulte pas les autres filles. C’est le seul moyen de gagner » — « le seul pour s’en faire une chacun ».
    • « Et ceux qui seront bredouilles resteront entre eux » — « Je ne serai pas bredouille ».
    • « C’est la dynamique de l’univers, les mecs ».
  • Le point de théorie que le prof en tire : « il y a toujours cette crainte que l’accord ne soit pas respecté par un des agents. C’est ça qui fait que ce n’est pas un équilibre, c’est-à-dire que ça ne se maintient pas de soi-même tout seul ».

Le prof excuse d’avance une objection : « certains d’entre vous considèrent que le film est sexiste, mais ce n’est pas l’intention. L’intention, c’est de faire comprendre quelque chose que nous allons revoir ensemble et formaliser ».

4. Le dilemme du prisonnier : énoncé et tableau des peines

« Le dilemme du prisonnier, c’est exactement la situation qui est décrite dans le film ». Consigne : « comme tous les exercices un peu chiffrés, je vous recommande vivement d’en prendre note » — le profe travaille « en mode papier-crayon, qui est le mode efficace d’étudier le genre de matière que nous avons ensemble ».

Le scénario : deux prisonniers, A et B, interrogés individuellement par la police. La police essaie d’obtenir des aveux « en promettant des réductions de peine à ceux qui collaborent avec la police, à ceux qui avouent ».

Le tableau des peines (en années de prison, donc moins c’est mieux) :

B : avoueB : nie
A : avoue
A : nie

Lecture ligne par ligne, telle que le prof la fait :

  • B avoue, A avoue ⟹ A prend 5 ans (au lieu de 10 s’il avait nié) : bénéfice de la réduction de peine. Idem pour B.
  • B avoue, A nie ⟹ A prend la peine maximale, 10 ans ; B, qui a collaboré, prend 5.
  • B nie, A avoue ⟹ A prend 2 ans ; B, faute de preuves suffisantes, prend 3.
  • A nie, B nie ⟹ 3 ans chacun.

La question posée : « que choisit le prisonnier A ? que choisit le prisonnier B ? »

5. Meilleure réponse et stratégie dominante

Deux méthodes possibles, énoncées par le prof : « soit vous utilisez directement le concept d’équilibre, soit vous passez d’abord par le concept d’incitant ».

La méthode par les incitants, énoncée avec le cas du prisonnier A :

« Je suis le prisonnier A, qu’est-ce que je fais si le prisonnier B nie ? Je suis le prisonnier A, qu’est-ce que je fais si le prisonnier B avoue ? Quelle est chaque fois ma meilleure réponse ? »

Définitions :

  • Meilleure réponse : ce qu’on fait face à une action donnée de l’autre.
  • Stratégie : « c’est une réponse à une action possible de l’autre joueur » ; plus généralement, « une réponse possible à plusieurs actions de l’autre joueur ».

Application au prisonnier A :

  • Si B avoue : A préfère avouer, « cinq ans de prison, c’est moins que dix ».
  • Si B nie : A préfère avouer, « deux ans de prison, c’est moins que trois ».

⟹ A avoue quoi que fasse B. C’est la définition de la stratégie dominante : « non seulement c’est la meilleure réponse à chaque action possible, mais elle est dominante parce que c’est la même pour tout, c’est toujours la même ».

Le prisonnier B est symétrique : si A avoue, il compare 5 et 10 ⟹ préfère 5 ; si A nie, il compare 2 et 3 ⟹ préfère 2. Donc B avoue aussi.

Conclusion : « il y a deux stratégies dominantes, enfin il y en a une pour chaque prisonnier ». Et le mécanisme de l’équilibre s’en déduit : « les meilleures réponses à la meilleure réponse, c’est l’équilibre ».

Définition de l’équilibre (rappelée) : une situation dont aucun agent n’a intérêt à changer tant qu’il n’y a pas d’autres éléments perturbateurs qui viennent dans son ensemble d’informations.

6. Équilibre de Nash et optimum de Pareto

L’équilibre , 5 ans chacun. Vérification : le prisonnier A n’a « absolument pas envie d’en prendre plus », et B non plus ⟹ « c’est bien un équilibre au sens de la définition ».

Correspondance avec le film : c’est le cas où « tout le monde va près de la blonde » ⟹ « sans se coordonner, chacun individuellement se dit : Waouh, ça a l’air vraiment sympa de passer la soirée avec cette blonde, donc je vais vers elle, je ne m’inquiète pas des autres. Je ne m’inquiète pas de mes autres copains — mais je sais qu’ils vont faire quoi, les autres copains ? Ils vont aussi essayer d’aller vers la même personne que moi, donc je ne peux pas les laisser aller avant moi, il faut que je sois le premier ».

L’optimum de Pareto, lui, est , 3 ans chacun :

Démonstration, étape par étape :

  1. On part de l’équilibre .
  2. Il existe une situation où l’on améliore les deux : passer à .
  3. « Est-ce que je peux encore améliorer la situation de l’un sans détériorer celle de l’autre ? » ⟹ Non.
  4. « Je pourrais ne voir que deux ans pour le prisonnier A, mais ça détériorerait fortement la situation du prisonnier B » (il passerait de 3 à 10).

⚠️ Nuance du prof, à retenir : « pour les prisonniers, l’optimum, c’est de nier tous les deux. Mais pour ça, il faut être sûr que l’autre nie. »

Correspondance film : les quatre garçons qui vont chacun vers une jeune fille différente. « Même si, à la première impression… quand on ne connaît pas les gens, on ne sait vraiment pas ce que ça veut dire, c’est simplement les apparences. Mais à la première impression, ils seraient peut-être tous allés vers la même ».

Récapitulatif formel :

  • Stratégie dominante : « c’est quand c’est toujours la même réponse qui est la meilleure ».
  • Équilibre : « c’est quand les stratégies dominantes se rencontrent ».
  • Équilibre non coopératif : « c’est un équilibre qui est basé sur les incitants individuels et les décisions individuelles ».
  • Et surtout : « cet équilibre n’est pas nécessairement un optimum : l’équilibre (avouer, avouer) est dominé par (nier, nier), autrement dit il y a moyen de faire mieux pour chacun des deux ».

7. Pourquoi l’optimum n’est pas un équilibre

L’incitant à quitter est « très aveuglant ». Question posée : « est-ce que c’est un équilibre, cet optimum de Pareto ? C’est une situation que plus personne n’a d’incitant individuel à quitter. Or, qu’est-ce que vous voyez ? » ⟹ Non.

Le mécanisme, ligne par ligne :

  1. Dans , les deux ont 3 ans.
  2. Mais si l’un d’eux avoue pendant que l’autre continue de nier ⟹ il tombe à 2 ans.
  3. « Il n’y a aucun moyen d’empêcher un des deux agents de dire : tiens, l’autre y continue à nier, donc j’avoue, plein bénéfice pour moi ».
  4. Donc : « on sait bien qu’on va vers -, mais on ne peut pasSortir de là tout seul ».

Et symétriquement, la case n’est pas un équilibre non plus : si l’autre avoue, on prend 10 ⟹ incitant à nier.

⟹ Ni l’optimum ni la case intermédiaire ne sont des équilibres. Le seul équilibre est .

Ce qu’il faut pour tenir l’optimum : « Il va falloir se mettre vraiment d’accord, éventuellement organiser un système de contrôle, de sanction, pour maintenir l’optimum ».

Conclusion du chapitre sur ce cas : « L’optimum n’est pas un équilibre dans ce cas. »

8. Égalité, et l’intérêt des victimes

Critère d’égalité : dans il y a égalité entre les deux agents, « mais ce n’est pas très intéressant comme égalité ». « Pour d’autres situations, ça peut être intéressant, évidemment. »

Un autre aspect de la justice : l’intérêt des victimes. « Si les prisonniers collaborent, bien sûr, ils s’arrangent, ils ont moins de prison. Mais la justice au sens de la justice envers les victimes, ou de la justice de la société, du fait qu’on doit assumer les conséquences de ces actes, celle-là n’est pas assurée si les prisonniers collaborent. »

La mafia, application du modèle ⚠️ (à vérifier). Le profe relie explicitement le dilemme du prisonnier à l’organisation criminelle : « la mafia l’a très bien comprise ».

  • La mafia organise d’abord le racketing, « mais après, qui organise le fait que les racketeurs ne se dénoncent jamais les uns les autres. L’omerta, le silence ».
  • Donc : « les criminels collaborent et quand ils sont pris, ils continuent à collaborer entre eux, pas avec la police ».
  • Pourquoi ? « Parce que le réseau de contrôle de la mafia est suffisamment fort pour les punir encore plus que la police ».
  • « La peine de mort est abolie en Europe — au niveau des États, pas au niveau des gangs ».
  • Exemple Bruxelles : « les dealers de drogue à Bruxelles font justice eux-mêmes, ils se flinguent. S’ils sont en prison, ils sont en sécurité à vie — enfin tant qu’ils sont en prison. Plus tôt ils sortent, plus vite ils risquent de se faire flinguer. Donc ils se taisent. Parce que ce n’est pas la justice belge qui va les flinguer, c’est les copains, ou plutôt la bande, ou la bande d’en face éventuellement ».

La morale : « il existe des institutions, des organisations qui vont amener parfois une certaine solution qui est dans l’intérêt des membres, mais pas nécessairement, pas toujours, dans l’intérêt global ».

9. Jeu en classe : le cartel des quotas

Le montage. L’amphithéâtre est divisé en deux entreprises :

  • Entreprise A : à gauche et devant (bloc central de devant + les deux blocs de gauche).
  • Entreprise B : le bloc du haut et les deux blocs de droite.

La situation : « un marché difficile où, tout compte fait, vous vous dites que ce serait bien de s’entendre sur les prix. Et donc vous avez fait, entre A et B, un accord pour ne pas vendre trop et pour maintenir des prix élevés ».

L’analogie : « L’OPEP, par exemple, se fait aussi à ce niveau-là : les pays producteurs de pétrole se sont mis d’accord pour ne pas vendre trop et maintenir un prix élevé. Et ça marche bien : les prix sont hauts et il n’y a pas trop de pétrole sur le marché ».

L’incitation à tricher : « tout d’un coup, vous vous dites : ce serait quand même pas intéressant de vendre un peu plus de pétrole, ça se verra pas, ça rapporterait peut-être un peu plus » ⟹ dépassement de quota.

Le dispositif matériel (⚠️ le point suivant est pour le comprehension, pas pour l’examen) : le profe joue avec des pièces, 2 € par entreprise. Il exige 2 pièces et non 1, « parce que vous voyez qu’en effet, dans le jeu ici, on peut avoir soit 1, soit 1,5. Donc il faut qu’on puisse diviser en deux ». Investissement : 1 € (100 centimes) déposé sur la table — « c’est une entreprise qui investit ». Chacun écrit sa décision sur un bout de papier : « dépasse » ou « respect », sans communiquer avec l’autre bloc.

Le tableau théorique (diapo 25 de CH2 §3, « Application : dilemme du cartel ») — el cartel limita la quantité pour faire monter le prix, c’est-à-dire pour se partager les profits de monopole :

B : respecteB : dépasse
A : respecte
A : dépasse

Le tableau réellement joué en classe (diapo 26) : mise initiale de 2 pièces de 1 € = 2 €, définitivement investie — on ne la récupère que par les bénéfices de l’activité. On choisit respecte (quota faible, prix élevé) ou dépassé (le quota, et un prix bas pour attirer les clients). Le gain final est la somme obtenue en fin de jeu :

B : respecteB : dépasse
A : respecte
A : dépasse

Justification, avec les mots du profe : si A respecte et B dépasse, « elle va recevoir 100, c’est-à-dire qu’elle récupère ses 100, donc elle aura 200 en fait » (c’est la ligne du tableau théorique). Si les deux respectent, « chacun récupère sa mise » ⟹ . Si les deux dépassent, chacun se retrouve avec 1 € et le profe en garde 1 € de chacun ⟹ .

Les résultats réels de la classe : sondage Wooclap (https://app.wooclap.com/events/DKFMAQ/0), 30 participants. Romain (entreprise A) et Alice (entreprise B) ont tous les deux répondu « dépasse ». Le profe empoche 2 € (1 € de chacun).

L’analyse du jeu — et aquí el profe tiene toda la razón. Comparons les deux colonnes pour la fila de A :

  • si B respecte : dépasser donne , respecter donne → dépasser ;
  • si B dépasse : dépasser donne , respecter donne → dépasser.

⟹ « Dépasser » domine strictement « respecter », c’est bien la stratégie dominante : « la meilleure réponse à toute action possible de l’autre, c’est de dépasser. C’est ce qui est moins risqué, c’est ce qui amène le moins de pertes à chaque coup séparément ». L’unique équilibre de Nash est donc , et c’est un dilemme du prisonnier parfait : le point de Pareto est , qui domine toutes les autres combinaisons, mais personne n’y arrive seul.

⚠️ Línea 886, el profe dice « mon slide manuel n’était pas tout à fait correct » al mostrar el resultado del Wooclap, « ce n’était pas aussi clair pour ceux qui n’ont pas risqué des sous ». Es decir: la intención de la diapo era que el resultado marcara la diferencia entre respuestas, pero con las cifras reales de la diapo 26 la estructura del juego ya es lo bastante limpia como para que se vea la dominancia. Anotado tal cual; no afecta al análisis.

Le pourquoi, según los propios estudiantes — c’est el corazón pédagogique del juego:

  • Romain : « Parce que vous anticipiez. Je savais qu’elle allait dépasser. »
  • Pourquoi ? « Parce que vous la connaissez, vous savez que c’est toujours comme ça ? Non — c’est parce qu’elle s’était peut-être doutée que moi j’allais respecter, du coup qu’elle allait se faire plus de profit. Et moi j’ai eu le même raisonnement qu’elle, du coup au final on s’est rencontrés et on a perdu tous les deux. »
  • Alice : « Je ne le connais pas, donc je ne sais pas si je pouvais lui faire confiance. » ⟹ « vous vous êtes dit que s’il vous respectait, il risquait vachement de dépasser : vous alliez perdre encore plus ; tandis que s’il vous dépassait et que lui dépasse, vous perdez un peu, mais pas tout. »

Pourquoi la stratégie « respecter » peut se defender — y por qué no la elige nadie: « comme les étudiants qui se mettent d’accord et qui se surveillent un peu les uns les autres, ou comme certaines organisations qui fixent des règles et qui veillent à ce qu’on les respecte, parce que, par exemple, on se fait confiance. On va plusieurs fois être amenés à prendre des décisions ensemble. Donc si une fois il y en a un qui triche, il va être exclu, et donc il n’a pas vraiment intérêt à nuire à l’organisation ». C’est exactamente la respuesta institucional del §14.

10. Le troisième joueur, le consommateur, et la destruction des cartels

Le retournement : « Dans ce jeu, il y a un troisième joueur qui ne joue pas, qui est simplement le résultat du comportement des autres. Ce troisième joueur, c’est le consommateur. »

Le raisonnement, pas à pas :

  1. Les deux membres du cartel dépassent ⟹ ils vendent tous les deux beaucoup.
  2. « Quand il y a beaucoup sur le marché, on verra ça la semaine prochaine : en général le prix baisse ».
  3. « Les consommateurs ont beaucoup. Mais non seulement ils ont beaucoup, ils ont moins cher, puisqu’il y a beaucoup ».
  4. « C’est pour ça que les pays de l’OPEP font des quotas de pétrole : c’est pour que le prix reste haut. Mais quand on ne respecte pas les quotas, le prix baisse. Donc le consommateur est gagnant. »
  5. Le profe est donc « le consommateur qui a gagné parce que les deux membres du cartel ne se font pas confiance » — et « je ne suis pas venu pour gagner 2 euros, je vous remercie d’avoir participé, parce que je pense que ça rend les choses beaucoup plus réelles et vivantes de participer comme ça ».

Comment les autorités détruisent un cartel : « les autorités économiques d’Europe ou des États-Unis utilisent, pour lutter contre les cartels et les mafias, c’est d’essayer qu’ils ne se fassent pas confiance, et donc qu’effectivement ils brisent le cartel ».

⚠️ et c’est littéralement le dilemme du prisonnier appliqué au droit de la concurrence : « les autorités de la concurrence ont aussi un pouvoir d’enquête, et elles vont dire aux entreprises : Écoutez, si vous nous avouez que vous vous êtes entendus, vous aurez une réduction d’amende ». Il y a donc toujours des entreprises qui denuncient, ce qui démantèle le cartel au profit des consommateurs.

Les deux limites, concedes par le profe :

  • « Ça ne marche pas toujours : parfois les cartels s’entendent très bien, les accords restent bien secrets. »
  • « Ou les cartels sont maintenus par une grande puissance. »
    • L’OPEP est maintenue par l’Arabie saoudite : « elle peut produire tellement de pétrole qu’elle peut inonder le marché, beaucoup plus que les autres, et donc qu’elle peut punir tous les autres en quelque sorte en faisant baisser le prix en dessous de leur coût de revient ».
    • Et le prix de pétrole américain : « les cyniques diront que M. Trump a tout intérêt à ce que le détroit d’Hormuz reste fermé, parce que le pétrole produit aux États-Unis se vend beaucoup mieux quand il est cher que s’il descend en dessous de 50 dollars ». Le schiste (gaz et pétrole), « nouvelle technologie inaugurée sous Obama », n’est pas rentable sous 50 $ le baril, « mais le gros de l’exportation vient de cette technologie ».
    • ⟹ « de nouveau, par la puissance : soit de la quantité de pétrole qu’on peut produire en Arabie saoudite, soit par le pouvoir militaire de mettre du désordre dans les voies maritimes ».
  • La conclusion du cas : « le principe de l’équilibre des passes-dépasses et le problème de la coopération, qui peut être bonne pour les joueurs, mais pas nécessairement pour la société dans son ensemble. Parce que si le cartel s’entend, c’est le consommateur qui paye ; si les prisonniers s’entendent, c’est la société qui est victime des gangs criminels. »

11. Le bien public : nettoyer ou polluer

Transition : « il ne faut pas toujours regarder uniquement le bénéfice des joueurs, il faut parfois aussi s’intéresser au bénéfice de la société, donc de l’ensemble ». On introduit le bien public.

Le jeu. La coloc. « Vous vivez peut-être en côte ou en colocation, ou même chez vous à la maison, on vous demande peut-être d’un peu collaborer au ménage » ⟹ deux actions possibles : nettoyer ou polluer. Les deux questions du tableau affiché à l’écran :

  • « Est-ce que l’étudiant 1 va nettoyer ou polluer ? »
  • « Est-ce que l’étudiant 2 va nettoyer ou polluer ? »

Le cas favorable, fait ensemble avec la classe : l’étudiant 1 préfère nettoyer, l’étudiant 2 aussi ⟹ « l’équilibre est que tout le monde nettoie ».

Le cas général : « Est-ce que c’est toujours comme ça ? Ça dépend : ça dépend de quelle valeur les deux étudiants accordent au nettoyage, à la propreté. Mais à l’altruisme, il peut évidemment arriver qu’on n’ait pas une situation aussi favorable, parce que nettoyer, ça demande un effort ». D’où :

« Les étudiants se disent : Oui, j’aime bien que ce soit propre, mais je n’aime pas que ça me coûte. Tout compte fait, je vais attendre que l’autre nettoie. »

⟹ « l’équilibre risque d’être que tout le monde pollue. »

L’application à la pollution atmosphérique : « comme elle touche tout le monde un peu, mais que ça demande de gros efforts à certains de réduire leurs émissions de , qu’on compare le coût de réduire ses émissions de aux bénéfices incertains futurs et pas du tout directement qui me touche… eh bien, la tendance, c’est effectivement : après moi, les mouches, je pollue et on verra ce qui se passera. »

⟹ « L’équilibre sera différent parce que la valorisation du nettoyage ou de la propreté par rapport à son coût est défavorable, et donc les agents polluent. »

12. Game of Chicken et le principe du voile d’ignorance

Première question du prof, qui fait le lien avec la route : « Comment se fait-il qu’il y ait beaucoup d’encombrements sur les routes et relativement peu d’accidents ? » Réponse partielle : « à partir du moment où elles sont bien encombrées, effectivement les accidents ne sont plus très dangereux, parce qu’on ne se cogne jamais très vite ni très fort » — « mais ce n’est pas de ça que je veux parler ».

12.1 Le Game of Chicken (la « blonde »)

« Le premier, c’est le jeu qu’on appelle le Game of Chicken, l’histoire du poulet. » ⚠️ (le profe ajoute « c’est une histoire d’égo et non… Non », phrase inachevée et probablement mal transcrite). Synonymes : « le bras de fer, la priorité. Ça touche un peu l’ego du chauffeur ».

Le setup : « deux chauffeurs qui vont se croiser sur une route, et ils ont tous les deux envie de passer au milieu, parce que ça c’est bien : on est le plus fort, on est au milieu, c’est la priorité ».

Les meilleures réponses (symétriques) :

  • Si B passe au milieu ⟹ A préfère le côté, « plutôt que de se cracher ».
  • Si B passe de côté ⟹ A préfère le milieu.

⟹ « Il n’y a pas d’équilibre » — plus précisément, « si il y a deux équilibres mais on ne sait pas lequel choisir ».

Les quatre cases :

  • Les deux au milieu ⟹ ils se crachent tous les deux.
  • Les deux sur le côté ⟹ il n’y a pas de souci.
  • L’un au milieu, l’autre de côté ⟹ celui qui est passé au milieu a gagné, l’autre a perdu.

Les stratégies mixtes : « on va jouer à pile ou face : une fois sur deux je passe au milieu, une fois sur deux je passe sur le côté, et je vois si je gagne ou si je perds ».

12.2 Les solutions : règles de priorité et voile d’ignorance

« Comment est-ce qu’on va résoudre ce problème ? » Trois réponses du prof :

  1. Imposer des règles de priorité à l’avance. « Comme ça, il n’y a personne qui a l’impression d’avoir dû céder la priorité. Elle est fixée d’avance. Si elle est fixée d’avance, il n’y a pas de honte à la respecter. » ⚠️ insister sur « à l’avance » / ex ante : c’est la solution, pas du wait-and-see.
  2. Élargir la route. « Ou on va faire une route suffisamment large pour que chacun ait l’impression de rouler sur l’autoroute comme un roi. C’est encore une autre possibilité. »

Pourquoi la priorité est acceptée — le principe du voile d’ignorance, « sous le principe d’égalité », et « avant et pas après » ⚠️ (c’est-à-dire ex ante, information incertaine) :

  • « Chacun pourrait un jour être dans la situation prioritaire ou non prioritaire. Donc la priorité n’est pas perçue comme un avantage à l’un ou à l’autre, parce que personne ne sait à quel moment il sera prioritaire ou pas. Ça dépend juste de savoir s’il viendra de gauche ou de droite. »
  • « Sur une route, on vient une fois de gauche, une fois de droite, selon l’itinéraire qu’onSMS le parcours. »
  • « Il n’y a personne qui se sent lésé par la priorité de droite : ça n’a rien de politique, ça n’a rien de personnel. C’est juste que voilà, à un carrefour, il faut bien décider qui passe le premier, et donc c’est celui qui vient de droite. »
  • « Et comme chacun d’entre nous viendra bien une fois de droite ou une fois de gauche, on ne se sent absolument pas lésé par cette règle de priorité, parce qu’a priori, dans le voile d’ignorance — c’est-à-dire quand on ne sait pas à quel carrefour on viendra de droite et à quel carrefour on viendra de gauche — eh bien, on a l’acceptation de cette priorité. »

⟹ « Cette règle de priorité est une solution à un problème de trafic. »

13. Le jeu de l’encombrement

« L’encombrement, c’est un peu différent. C’est donc la question de savoir si tout le monde va entrer en ville au même moment et avec sa voiture ». Jeu affiché à l’écran et dans le livre (« vous avez toujours les références au livre si vous voulez vérifier tout ça »).

Les deux acteurs et — ⚠️ la transcripción los llama « les navetteurs X et Y »: es un error de reconocimiento de voz, por el contexto son los usuarios de la carretera. Los nombres e los inventa el ASR, no forman parte de la terminología.

  • Si vient en voiture ⟹ choisit la voiture.
  • Si vient avec un autre moyen ⟹ choisit la voiture.

⟹ « Quelles sont les hypothèses qui font que le navetteur X choisit toujours la voiture ? »

La réponse, en quatre temps :

  1. Il n’y a pas assez de trains. « C’est un grand truc qu’il faut expliquer aux écolos : il ne suffit pas que le train soit gratuit pour que les gens le prennent, il faut d’abord qu’il y ait des trains. » ⟹ « il faut d’abord savoir comment on fait rouler des trains avant de proposer qu’ils soient gratuits. »
  2. La boucle de renvoi. « S’il n’y a personne qui prend le train, ce sera très difficile de justifier qu’il y ait des trains, gratuits ou non, et ce sera très difficile de les financer, même s’ils sont payants. Donc il n’y aura pas de train, et donc on prendra la voiture. »
  3. Le paradoxe. « C’est ça le paradoxe et le drame de l’histoire : si tout le monde prend le train, c’est génial — mais c’est encore plus génial pour celui qui prend la voiture, parce qu’il est seul sur la route et il n’y a plus d’encombrement. »
  4. Les chiffres sont arbitraires. « Voilà pourquoi j’ai mis un 3 là. Les chiffres sont tout à fait arbitraires, mais ils montrent simplement le paradoxe de certaines bonnes politiques et de savoir qui sont les gagnants. Et de savoir qu’en fait, parfois, les resquilleurs sont les gagnants. » — resquilleur es el término correcto en francés (quien no paga su parte y se beneficia del esfuerzo ajeno), no un error de ASR: es el que coge la autopista mientras los demás se atascan en la circulación. ⚠️ La tabla de ganancias de este juego NO está en los slides: la diapo 33 de CH2 §3 solo da las dos listas de soluciones (priorités, largeur de route / horaires, transports en commun) y remite al livre p.73. El propio profe advierte de que las cifras del tableau no están en la transcripción, así que el tableau con el « 3 » queda [transcription incomplète].

La politique publique qui en découle :

  • « Il faut taxer la circulation automobile. Mais il faut la taxer uniquement si on offre des alternatives. »
  • « S’il n’y a pas d’alternative, ça va être juste perçu comme — et c’est comme ça que les écolos perdent une élection sur deux — ça va être perçu comme simplement du harcèlement, de l’anti-automobilisme, alors que ce n’est pas du tout ça le problème. »
  • « En fait, les automobilistes eux-mêmes se rendent compte qu’ils se nuisent les uns aux autres. Le problème, c’est qu’ils n’arrivent pas à se faire confiance sur le fait que, collectivement, on ne va laisser sur la route que ceux qui doivent vraiment rouler en voiture parce qu’ils ont une urgence — parce que médicalement, c’est plus difficile pour eux de prendre le train, que sais-je. »

Conclusion du jeu : « la voiture reste malheureusement la stratégie dominante dans ce jeu. Même chose pour le navetteur Y. Si X prend la voiture, il va prendre la voiture, parce qu’il n’y aura pas d’autres moyens de transport. De nouveau un dilemme du prisonnier : tout le monde serait mieux en train, mais individuellement il y a toujours un incitant à prendre la voiture. Et donc, ceci c’est Pareto, mais ceci c’est l’équilibre. »

Les leviers à analyser finement : « des taxes, des subsides, surtout des alternatives, comme moyens de coordination, ou peut-être aussi le changement des horaires pour que tout le monde ne soit pas en même temps sur la route. »

Réponse à la question du prof (peu d’accidents / beaucoup d’encombrements) : « parce que pour les collisions, si le jeu est celui qui est représenté au tableau, il y a des solutions, comme les priorités, tout le monde va accepter. Par contre, pour éviter les encombrements — c’est-à-dire éviter que les gens soient sur la route, ce qui est encore autre chose que d’accepter la priorité, mais ça, c’est apparemment plus difficile à faire. »

14. Synthèse : les quatre dimensions de l’analyse

« Tout le travail : nous avons maintenant en fait tout ce qu’il faut. Nous avons en fait quatre dimensions pour analyser nos situations économiques et pour avancer. »

(1) L’analyse positive — « ça explique ce qui est, ça raconte ce qui se passe » :

  • Choix individuel ;
  • Choix interdépendants, avec informations sur les prix, les possibilités d’échange, etc. ;
  • Choix stratégiques — « c’est ce qu’on vient de faire ensemble ».

Exemple de ce que l’analyse positive raconte ici : « Romain et Alice ont décidé de dépasser tous les deux leur quota de production parce qu’ils ne se faisaient pas confiance et ils préféraient éviter de tout perdre. Donc ils se sont dit : je perds seulement la moitié et le prof aura 2 euros. Mais moi, je récupère au moins un de mes 2 euros. »

(2) L’évaluation normative — « Et pour qui ? Un optimum pour eux deux, ça aurait été de ne pas dépasser. Pour le consommateur, ça n’aurait pas été bon qu’ils maintiennent le cartel. » C’est l’évaluation faite « tout au début, en comparant des pays sur leurs performances en loisirs et en PIB ». « Ici aussi, on constate une différence entre l’optimum et l’équilibre. »

Le passage de l’un à l’autre : « on va remettre en question l’équilibre en se disant : comment est-ce qu’on pourrait créer un équilibre qui soit meilleur ? Et pour ça, il faut que les gens aient suffisamment d’incitants à aller vers une meilleure situation. Et donc on doit réutiliser les éléments de l’analyse positive pour qu’une analyse normative aboutisse à quelque chose. Sinon, ça devient du wishful thinking — c’est très bien, une belle déclaration, mais encore faut-il qu’elle ait des conséquences concrètes dans la vie telle qu’on le souhaite. »

⟹ « Il y a ce dialogue permanent entre le normatif — qu’est-ce qu’il devrait être — et le positif — qu’est-ce qu’il y a et pourquoi est-ce que c’est comme ça — et comment est-ce qu’il y a moyen d’améliorer en fonction de ce que le normatif nous dit qui pourrait être mieux ? »

Le fil conducteur de tout le cours ⚠️ remarque importante, car le décompte final du prof est à 3 et non 4 :

« Retenez ces aspects d’analyse de toute situation économique, parce que c’est un outil qui vous permet de lire beaucoup de situations qui paraissent très différentes, mais qui, en fait, fondamentalement remonte à cette question : qu’est-ce que j’explique par les comportements individuels dans trois types de situations différentes ?

  1. Je suis tout seul — Robinson Crusoe sur son île.
  2. Je suis avec d’autres, mais sans interactions stratégiques — je prends simplement les informations que tout le monde a sur les prix, les capacités de production, etc.
  3. Ou il y a un effet stratégique — je dois me méfier de l’autre, ou je dois collaborer. »

⟹ Le compte est donc 3 situations (3 types de choix) pour l’analyse positive, + 1 pour l’évaluation normative. Le « 4 » et le « 3 » du même passage désignent les deux découpages : 4 dimensions d’analyse = 3 types de choix + le normatif.

15. Pause, puis communication administrative : les codes à projet

Pause, puis « on va reprendre avec une petite communication ».

⚠️ Corrección de vocabulario del ASR : la transcripción dice « cote à projet » / « cotes à projet » en todo el passage, pero la definición que da el propio ponente (« un code dans lequel les étudiants se retrouvent autour d’un projet commun ») delata que el término real es code à projet. El plural « les quotas projets » es un anglicismo delBelgium francófono (quota project → quota projet), y así lo dicen los ponentes. En cambio, « *les projets sans cote *» sí es literal: son los que no dan créditos.

La presentación (intervenants : Robin, Dewey y Louise):

  • La CAP (« une assemblée étudiante qui aide et gère les quotas projets sur Namur ») organiza actividades para los « CAPistes » pero también abiertas a todos: la Saint-Nicolas, la fiesta de la universidad en abril.
  • Definición de un code à projet : « un code dans lequel les étudiants se retrouvent autour d’un projet commun et organisent des activités pour tous les étudiants de l’université et des hautes écoles ». « On a 18 projets cette année » — alrededor del deporte, la cultura, la música, el desarrollo sostenible. También existen proyectos « sans cote », « le même concept, sauf que les étudiants ne vivent pas ensemble ».
  • Funcionamiento : dos tipos de miembros.
    • Los internos (el comité) : los que viven juntos, « souvent entre 6 et 10 personnes », que participan a todas las decisiones. Puestos: presidente, secretario, tesorero, etc.
    • Los externos : no participan necesariamente en las decisiones, « mais ils viennent aider sur les événements » ⚠️ (la transcripción añade « ils ont aussi des priorités sur les événements » : el ASR es sucio aquí y el sentido no se puede fijar con certeza. Lo que sí queda claro es que el papel de los externos es « venir ayudar » en los eventos)*.
  • El recurso : la página Instagram de la ACAP (@ac namur) con todos los quota projets, sus actividades y un calendario semanal. « Ça, c’est ce qu’on vous invite vraiment à participer. Il y en a vraiment pour tous les goûts ».
  • El momento de reclutamiento : « les recrutements qui se font au second quadrimestre ».
  • Exemples : côté sport (les deux intervenants sont membres) — footings chaque semaine, paddles, tournois de padel et de foot, escalade, « un ski en collaboration avec le Cercle Pharma ». Côté local (développement durable) — « ventes de sandwichs locaux » ⚠️ côté local est peut-être cota local ou un nom propre ; Cocotte est cité comme exemple ⚠️ à vérifier.
  • L’intérêt économique du dispositif : « une forme d’animation du campus très développée à Namur et à Louvain-la-Neuve, et qui est en effet une manière intéressante de coter. En plus, l’université vous aide un tout petit peu : je crois que le loyer est un peu moins cher quand on est dans une cote à projet. Mais ce n’est pas que pour ça qu’il faut le faire — il faut surtout le faire parce qu’on a envie de faire une animation. »
  • L’évolution : « autrefois les cotes à projet, c’était seulement les 10 personnes qui logeaient dans la cote ; aujourd’hui il y a aussi des membres extérieurs, ce qui permet d’avoir un rayonnement un peu plus grand et des activités encore un peu plus dynamiques. »
  • Pour l’étudiant de 1re année : « Informer-vous en bac 1 : à moins que vous ayez déjà eu des prédécesseurs à l’université, vous n’êtes probablement pas dans un quota projet. Mais au second quadri, vous aurez l’occasion de vous intéresser à ça pour éventuellement y aller en deuxième année. »

PARTIE B — La monnaie

16. De la coordination à la monnaie : l’exemple des bananes et des pommes

Le lien avec la Partie A : « Je suppose que vous êtes embêtés qu’on n’ait toujours pas beaucoup parlé de l’euro et des dollars. On a parlé de choses beaucoup plus fondamentales : on a parlé de choix, d’optimum, d’équilibre, d’imperfection de marché et de coordination. »

La blague du perroquet : « on m’avait dit qu’en économie, on parlerait de l’offre et de la demande — je suppose que vous étiez aussi venu pour ça. Je vous ai même dit que : pour faire un économiste, il suffisait de prendre un perroquet et de lui apprendre deux mots. »

Pourquoi la monnaie vient maintenant : c’est un moyen de coordination. « Quand il y a des interactions et des choix, comme on vient de voir au chapitre 2, à un moment donné il faut coordonner tout ce petit monde. On l’a vu avec le problème de la voiture, avec le problème des prisonniers, et même avec les échanges entre l’Angleterre et le Portugal — il faut s’entendre sur le prix du vin, le prix de la laine. Un des moyens de coordination, c’est de passer par des échanges en monnaie. »

La méthode KERIR (⚠️ le sigle est dicté tel quel ; acronyme non développé par le profe) : question → observation → exemple, puis on explique, on raisonne, et on fait des applications.

Les questions de la séance sur la monnaie : comment la monnaie permet-elle d’organiser l’usage des ressources ? Quel lien y a-t-il entre la monnaie, le prix des biens et le coût d’opportunité ? Quels sont les rôles de la monnaie dans l’économie ?

16.1 L’exemple chiffré

Consommation : 2 kg de bananes et 3 kg de pommes. Prix unitaires : 3 €/kg les bananes, 2 €/kg les pommes. Coût total : 6 € pour l’un comme pour l’autre.

⚠️ Distinguer soigneusement (le profe insist : « distinguez bien ») :

  • le prix = le prix à l’unité ;
  • le coût = le coût total = prix × quantité.

Le coût d’opportunité, calculé pas à pas (le gros du travail numérique de la séance) :

Coût d’opportunité de 1 kg de bananes — « quand je prends 1 kilo de bananes, je dépense 3 euros. Ces 3 euros, si je les consacrais à des pommes, combien de pommes est-ce que je pourrais acheter ? »

  • Avec 2 €/kg, 3 € donnent 1 kg et il reste 1 € ;
  • 1 € sur 2 € = la moitié ⟹ encore un demi-kilo ;
  • ⟹ 1,5 kg de pommes.

Coût d’opportunité de 1 kg de pommes — « avec mes 2 euros, je ne peux pas acheter un kilo de banane. J’ai 2 euros sur les 3, donc 2/3 du kilo de banane. »

Pourquoi on ne le calcule jamais : « c’est quand même très très pratique, parce que en fait la plupart du temps vous ne vous posez même plus la question. Mais par contre, vous savez très bien que votre kilo de banane vous coûte 3 euros le kilo. Et que si vous le voyez affiché à 5 euros, vous allez dire : c’est cher. Et à ce moment-là, vous allez dire : tiens, j’achèterais peut-être bien autre chose de moins cher. »

Et pour 1 €/kg : « comme c’était le cas quand j’ai commencé ma carrière — il a fallu que j’adapte les chiffres de temps en temps — eh bien, à ce moment-là, vous allez vous dire : aujourd’hui, un kilo de banane à 1 euro, waouh ! C’est l’occasion d’acheter des bananes. » ⚠️ (« on se conserve très mal, malheureusement en Belgique, des bananes » — le profe plaisante et renonce aussitôt : « mais enfin, ça vaut quand même la peine d’en acheter »)

La formulation juste : « Implicitement, vous allez dire : c’est cher / c’est pas cher, parce que c’est par rapport au prix que vous connaissez, mais aussi c’est par rapport à d’autres prix. Et vous pensez qu’en effet, je me prends des bananes quand elles sont à 3 euros parce que parmi tous les biens que j’achète, ça se met là-dedans. »

⟹ « Fondamentalement, la question que vous vous posez, c’est : quel est le coût d’opportunité ? À quoi est-ce que je renonce ? Je renonce à des euros. Est-ce que c’est grave de renoncer à des euros ? Non, sauf si vous pourriez en faire un meilleur usage, c’est-à-dire acheter autre chose. »

17. Les trois fonctions de la monnaie

Définition : « C’est donc un bien accepté par tous, et en particulier par l’État — on va y venir — comme moyen de paiement de transactions et aussi de règlement de dettes. »

« Il y a trois fonctions, trois moyens ou trois aspects de la valeur. »

La correspondencia exacta de la diapo 13 de CH3 §1 (livre p.78) — la que hay que memorizar tal cual:

#FonctionLo que resuelveDiapositiva
1Moyen d’échange→ transfert de valor14
2Moyen de mesure→ etalón de valor15
3Moyen d’épargne→ reserva de valor16

17.1 Moyen d’échange

« Vous jobbez, vous recevez de l’argent, vous pouvez avec cet argent acheter autre chose : fantastique. Votre employeur ne doit pas directement vous donner ce que vous avez envie d’acheter — il suffit qu’il vous donne de la monnaie, et avec cette monnaie vous pouvez échanger contre n’importe quoi d’autre. C’est un moyen qui est accepté par tous, donc vous pouvez aller n’importe où avec cette monnaie. »

⟹ C’est le moyen d’échange qui reemplaza el troc (biens contra bienes, servicios contra servicios).

Diapo 14 — las cuatro propiedades técnicas que hacen posible el intercambio, y que el profe va retomando una a una:

  • Separación en la reciprocidad ⟹ el triángulo es posible. Sin moneda, si A tiene lo que quiere B y B lo que quiere A, el trueque es directo; pero con tres o más actores con deseos cruzados no hay manera de cerrar la rueda. La moneda rompe ese bloqueo.
  • Separación en el tiempo
  • Divisibilidad
  • Anonimización

17.2 Moyen de mesure

« Puisque ça nous dit quelle est la valeur des bananes en kilos de pommes — et d’abord en euros bien sûr, mais accessoirement aussi en kilos de pommes, une fois qu’on connaît le prix du kilo de pommes en euros. »

Diapo 15 (livre p.78) — la définition operativa : un precio es una cantidad de moneda por unidad de bien, y la lista es explícita : , , , . El mismo bien se mide siempre en la misma unidad, que es lo que hace de la moneda un etalón de valor comparable.

17.3 Moyen d’épargne (réserve de valeur)

« C’est un moyen d’épargne, et qu’on le veuille ou non. Tant que vous avez de la monnaie en poche, tant que vous avez des billets de banque en poche ou des pièces de monnaie — là, les 2 euros de tout à l’heure —, c’est de l’argent qui est bloqué, qui ne sert pas, qui ne circule pas et qui est donc une réserve. »

El problema del poder d’achat — la pregunta lanzada a la clase:

  • « Quand est-ce que le pouvoir d’achat de la monnaie diminue ? » ⟹ « Quand les prix des biens augmentent. »
  • « Mais quand est-ce que le pouvoir d’achat de la monnaie augmente ? » ⟹ « Quand les prix des biens diminuent. »

✅ Confirmado contra la diapo 16 de CH3 §1, que es la fuenteautoritativa aquí (« Réserve de valeur ne portant pas intérêt »):

  • « Ne s’apprécie qu’en cas de baisse générale de prix des biens (déflation) »
  • « Se déprécie avec la hausse des prix des biens (inflation) »
  • « mais se conserve… »

⚠️ Atención, la transcripción contradice esto. En las líneas 1622-1623 el reconocedor de voz escribe « *ça peut se déprécier quand les prix augmentent, mais ça peut aussi s’apprécier quand les prix montent *». Leído al pie de la letra es absurdo, y la diapositiva confirma que la versión correcta es « s’apprécie quand les prix baissent ». Señalado porque es el único punto de toda la sesión donde el ASR invierte el sentido económico de la frase (ver § 0).

Diapo 16 — el cuarto elemento del moyen d’épargne, que el profe no llega a enunciar: la extinción de deudas (ahorro diferido) — mensualité, annuité, remboursement à l’échéance. Es la misma lógica del « on n’est pas obligé d’acheter tout de suite », aplicada al contrato: la moneda permite diferir el pago de lo que ya se ha recibido.

  • « Ça arrive très rarement, mais c’est arrivé un tout petit peu à la période Covid : quand tout le monde était enfermé là et que personne n’achetait, les prix des biens ont diminué. Garder la monnaie, c’était en fait tout simplement voir son pouvoir d’achat qui augmente. »

Les deux episodes historiques :

  • Les années 30, après le crash de 29 : les prix ont baissé, « et c’était d’ailleurs catastrophique parce que ça s’est devenu un phénomène cumulatif. Les gens, en voyant que les prix baissaient, n’achetaient pas en se disant : attendons que le prix soit encore plus bas. Le pouvoir d’achat de notre monnaie, gardons-la bien en poche, elle va augmenter. »
  • La bourse trop haute : « les gens se mettent à vendre en se disant : on va acheter plus bas. »

Pourquoi on accepte quand même de détenir de la monnaie (le profe revient sur son propre paradoxe) : « parfois la réserve de valeur, elle diminue parce que tous les prix augmentent. Et pourtant, on trouve pratique d’avoir de la monnaie parce que c’est un moyen d’échange. On peut payer avec son smartphone et avec sa carte bancaire, mais même ça il faut que le compte en banque soit approvisionné — et le compte en banque ne rapporte pas beaucoup d’intérêt, donc vous avez de l’argent quasi liquide. Si vous payez avec des billets, c’est encore plus clair ; mais si vous payez avec votre compte en banque, vous ne vendez quand même pas tout d’un coup des actions ou des bitcoins pour aller acheter votre sandwich de midi. »

⟹ « C’est encore une analyse coût-bénéfice. »

17.4 Les qualités techniques de la monnaie

  • Séparation dans le temps : « on n’est pas obligé d’acheter tout de suite » ⟹ c’est aussi ce qui permet le règlement de dette.
  • Divisibilité : « c’est pour ça qu’il y a des centimes. Et puis on discute : est-ce qu’il faut encore des pièces d’un centime ou de deux centimes ? Elles ont disparu, je crois — il y a encore des pièces rouges de cinq centimes, mais les autres ont disparu. Jusqu’où est-ce que la monnaie est divisible ? C’est quand même très pratique qu’elle soit très divisible. »
  • Anonymat : « vous n’êtes pas obligé de dire à votre loueur de cotes ou à votre fournisseur de sandwichs que l’argent vient de l’argent de poche que vous donnent vos parents, ou de l’argent que vous donne le CPAS, ou de l’argent que vous avez gagné en jobant. Ça, c’est votre problème. Vous n’êtes pas obligé d’expliquer ça à tout le monde — au fisc peut-être, mais pas aux vendeurs de sandwichs. Et c’est très bien comme ça. »

18. Prix nominal, prix relatif et la notation

18.1 Prix nominal et prix relatif

Définitions, données par le profe à la diapo :

Application : « la quantité de pommes par kilo de bananes, c’était quelque chose qu’on pouvait définir en passant par le prix des bananes : voir combien, avec les euros des bananes, on pouvait acheter de kilos de pommes. C’est peut-être pas un nombre entier, mais peu importe : 1,5 kg, ok. Ça veut dire que le kilo de banane vaut 1,5 kg de pommes. »

⟹ « C’est à la fois le coût d’opportunité et le prix relatif : une comparaison de biens réels les uns avec les autres, qui peut passer par la monnaie. »

⚠️ Plaisante du profe sur le vocabulaire : « Désolé, il y a un peu de vocabulaire dans ce cours. Mais d’ici cinq ans, vous parlerez plus que comme ça, et c’est très bien. »

18.2 La notation

  • « Dans ma notation, le delta apparaît de temps en temps. Le delta, c’est une variation — ça se prononce delta. Merci les Grecs. »
  • Exemple : un billet qui passe de 100 € à 120 €.
  • La convention de signe : « Parfois il y aura un delta plus ou un delta moins. Ça c’est quand on sait le signe. Ici le signe est positif, donc ça c’est un . Mais ça peut être un à l’occasion. »

Et c’est là que se rattache la notation du chapitre sur la monnaie — les deux « deltas » du cours sont les mêmes :

⟹ d’où le prix relatif, « la quantité de pommes par kilo de banane » : 1,5 kg.

19. Les formes de monnaie

Le profe classe les formes de monnaie des plus anciennes aux plus récentes, et termine par la question : « qui est-ce qui crée des monnaies ? »

19.1 Monnaie métallique (avec garantie sur la quantité de métal)

  • « Les plus anciennes. Ce sont les monnaies métalliques, et qui sont en général des monnaies avec quand même une garantie sur la quantité de métal. »
  • Pourquoi la tête de l’empereur sur la pièce ? « Parce qu’ils offraient de cette manière-là une sorte de garantie qu’il y avait bien une certaine quantité d’or, ou d’argent, ou d’un métal précieux quelconque dans la pièce de monnaie. »
  • La triche des Romains : « Parfois ils trichaient un peu et ils prenaient une petite part pour eux. Ils disaient qu’il y avait un gramme d’or ; en fait il n’y avait que 0,9 gramme d’or. Ici ils en avaient pris 0,1 pour le trésor public. » ⟹ « C’est vieux comme le monde, ce truc-là, de débaser la monnaie. Mais peu importe. »
  • Le problème de la vérification : « C’était quand même une meilleure garantie que si M. Tartampion ⚠️ disait : “Vous avez un gramme d’or”. Si vous n’êtes pas capable de le peser et de vérifier sa pureté, ça va être difficile à vérifier. »

19.2 Monnaies virtuelles certifiées : le bitcoin

  • « On a trouvé mieux maintenant : les monnaies virtuelles certifiées. Le gars qui a inventé le bitcoin prétend qu’il y a une règle de fabrication des bitcoins qui assure leur rareté. »
  • « Ça va être encore plus rare que l’or, parce que l’or on pourrait toujours trouver de nouveaux gisements quelque part, mais le système informatique assure la rareté du bitcoin. Donc c’est génial, c’est rare, donc normalement ça ne va pas perdre sa valeur, on ne va pas être noyé sous les bitcoins. »
  • Mais est-ce que c’est une monnaie ? « Il faut se demander si un bitcoin est vraiment une monnaie, c’est-à-dire est-ce que ça remplit vraiment les trois fonctions ? »
FonctionVerdict du profe
Moyen d’échange ?« Assez peu. Et bien souvent uniquement du marché noir et de l’illégal. Donc attention. »
Moyen de mesure ?« Il n’y a absolument personne qui pense à la valeur des biens en bitcoin. On connaît éventuellement le cours du bitcoin en bourse, mais il n’y a absolument personne qui pense que le portable ici vaut un demi-bitcoin, que la gourde là vaut un dixième de bitcoin. Vous ne pensez pas à ça. »
Moyen de paiement ?« Par qui ? Principalement par le marché noir. Vous ne pouvez pas payer vos impôts en bitcoin, vous ne pouvez pas payer votre sandwich en bitcoin, vous ne pouvez pas payer votre cote en bitcoin. »

⟹ « Le bitcoin n’est pas une très bonne monnaie. » Mais « le truc qu’il a de la monnaie, c’est qu’effectivement il est certifié incopiable. Jusqu’à preuve du contraire. »

19.3 Monnaie fiduciaire

  • « La monnaie papier, inventée par les Chinois il y a très, très longtemps, et qui s’est répandue dans le monde. »
  • L’étymologie est le point clé : « elle est basée sur fiduciaire — c’est le mot confiance qui est caché là-dedres. C’est basé purement sur la confiance. »

⚠️ Correction de l’audio : « Vous avez un billet de 50 euros, il n’y a pas 50 euros de matière là-dedans. C’est juste que tout le monde accepte de dire qu’un billet de 50 euros, ça vaut 50 euros. C’est merveilleux. Tant qu’on y croit, ça va. Et de toute façon, c’est écrit dessus. Il faut voir après quel sera le pouvoir d’achat — on y vient. »

19.4 Monnaie scripturale (la monnaie en compte bancaire)

  • « On l’appelle la monnaie scripturale, parce que vous ne l’avez jamais en main. C’est une écriture, donc c’est scriptural. Mais ça fonctionne très bien. »

19.5 Monnaies parallèles

  • « N’importe qui peut les avoir, pourrait créer de la monnaie. Vous pouvez créer de la monnaie. »
  • Exemple 1, la caisse de club : « Si vous organisez une fête, par exemple pour un club sportif, en général il n’y a qu’une caisse, et là on reçoit des tickets pour aller prendre des boissons. Mais vous avez créé une monnaie. »
  • Exemple 2, les bons de réduction : « Quand les grands magasins distribuent des dépliants dans les boîtes aux lettres et qu’il y a des bons que vous pouvez présenter à la caisse pour avoir un euro de réduction sur le pot de mayonnaise, en fait, c’est une monnaie. »
  • Le test qui les disqualifie : « Si un jour il vous manque un euro, vous pouvez dire à un copain : tiens, tu n’as pas envie de mon bon de réduction pour le pot de mayonnaise à un euro ? Ça ne marchera pas très bien comme monnaie de nouveau. »
  • ⟹ « Vous voyez que ce n’est pas une très bonne monnaie parce qu’elle ne remplit pas très bien les trois fonctions de la monnaie. Mais néanmoins, elle transfère du pouvoir d’achat entre le commerçant et vous. Donc c’est une forme de monnaie. On peut créer des monnaies. Mais vous voyez bien qu’elles n’ont pas toutes la même utilité.* »

19.6 Le critère général de qualité d’une monnaie

« En général, ce qui est très important pour qu’une monnaie soit utile et court — ⚠️ coute —, c’est qu’elle serve vraiment de moyen de paiement et qu’elle soit acceptée d’abord et avant tout par son émetteur. C’est-à-dire que l’émetteur accepte d’être payé dans cette monnaie. »

20. La création monétaire et le multiplicateur de crédit

20.1 Qui crée la monnaie

Réponse du profe : « C’est bien souvent l’État qui délègue, très souvent à une banque centrale, qui a une mission de créer de la monnaie fiduciaire selon des règles — par exemple en évitant la hausse des prix, en maintenant la stabilité des prix qu’on a définie comme 2 % d’inflation. Mais ce n’est pas beaucoup de 2 % d’inflation, parce que comme on produit beaucoup plus de biens, ce n’est pas trop grave. »

Les quatre catégories de créateur, résumées par le profe :

  1. Banques centrales — la monnaie fiduciaire ;
  2. Banques — qui multiplient cette monnaie : « la monnaie scripturale est une multiplication de la monnaie fiduciaire » ;
  3. Entreprises et ménages — « avec les bons d’achat, y créent en quelque sorte de la monnaie » ;
  4. « Quelques personnes géniales qui ont créé des crypto-monnaies et d’autres choses, qui ont plus ou moins l’utilité d’une monnaie, mais qui en ont quand même quelques caractéristiques. »

20.2 Pourquoi les monnaies d’État ont succès : l’impôt

« C’est pour ça que les monnaies des États ont tellement de succès : parce que les États, déjà au temps des Romains et avant eux-mêmes, prélevaient des impôts. »

  • « Il y a très très longtemps, l’impôt était payé en nature : on devait donner un bœuf, on devait donner une partie de sa récolte. Mais très vite, les États ont accepté d’être payés en monnaie. »
  • « Ça a donné à la monnaie une valeur de circulation formidable. Les impôts, si vieux comme le monde, ça a toujours été une grosse dépense pour au moins les gens qui avaient de quoi en payer. Il y avait de quoi faire beaucoup de transactions, et donc il y avait besoin de monnaie. »
  • « Dans les campagnes, on pouvait peut-être encore faire du troc, mais dès qu’on faisait les choses à un peu plus grande échelle, on était sujet à l’impôt et on avait besoin de monnaie. »

20.3 Le troc avec jetons : l’origine de la monnaie

L’exemple des raisins et des fraises (illustré par une diapo, on est en automne) :

  • Un consommateur achète des raisins mais il est cultivateur de fraises.
  • Il paie avec des jetons, « ou avec une reconnaissance de dette, ou n’importe quoi, un bout de papier éventuellement ». « J’ai mis un billet de 50 euros, mais ça c’est déjà quelque chose qu’il n’a pas fait lui-même ; mais il peut avoir des jetons. »
  • Le ménage qui vend les raisins accepte d’être payé non pas directement en raisins, « sous forme de ces tickets ou de ces jetons, parce que ce ménage se dit que tout compte fait, à la saison suivante, il va aller acheter des fraises chez celui qui lui a donné des jetons ».

La formulation de l’échange de valeur : « C’est la même chose que de lui dire : n’oublie pas, tu m’as vendu des raisins à l’automne dernier ; maintenant c’est le printemps, tu me vends des fraises. Une des manières de compter la valeur d’échange, c’est de dire : voilà, je te rends tes jetons et tu me donnes des fraises en échange. »

⟹ « N’importe qui fait ça. C’est le troc, un troc un peu mieux organisé, ça devient un troc avec des jetons, avec de la monnaie. Et donc c’est comme ça que l’État aussi crée de la monnaie. »

20.4 L’État et la création « à partir de rien »

Le profe anticipe l’objection et la contourne :

  • Le raisonnement (à=dfacto simplisticado) : « Qu’est-ce que l’État fait ? Il dit : voilà, j’ai besoin d’argent, tout de suite. Je l’imprime et j’achète ce dont j’ai besoin. »
  • L’objection des étudiants : « On va dire : c’est pas comme ça que ça se passe. » ⟹ « Non, c’est pas exactement comme ça, ça ressemble très fort. »
  • La formulation correcte : « J’ai besoin d’argent, je le dépense tout de suite et je paierai plus tard. Non, je paye en fait ce que j’achète tout de suite, et les gens qui ont acheté ont de l’argent. Mais je les rassure tout de suite : cet argent, je l’accepterai en paiement de leurs impôts plus tard. »
  • ⟹ « L’État accepte que l’argent retourne à lui sous forme de paiement des impôts. Mais entre-temps, l’État a fait un magnifique bénéfice : il a créé de l’argent à partir de rien. Avec ça, il a acheté des biens, et puis après il accepte éventuellement d’être remboursé sous forme d’impôts.* »

Le mécanisme moderne : « À l’origine c’était aussi simple que ça. Maintenant c’est un peu plus compliqué parce que ça passe par la banque centrale, qui crée aussi l’argent à partir de rien, mais qui n’achète pas directement des biens — qui le prête aux banques, qui elles-mêmes le prêtent aux citoyens, qui eux-mêmes font des achats avec ça et payent leurs impôts. »

20.5 Le multiplicateur de crédit

Le mécanisme, étape par étape :

  1. La banque centrale imprime les billets à partir de rien et les prête aux banques avec intérêt (elle achète aussi, un peu, des biens : « un petit peu construire un nouveau siège magnifique à Francfort, mais c’est très accessoire »).
  2. « Les banques sont très malignes : elles savent que les citoyens n’auront pas besoin de tous les billets tout de suite. »
  3. La convention : « Quand la Banque centrale a prêté 10 à une banque, la banque sait qu’en fait, les citoyens et les entreprises, en moyenne, quand ils ont 10 en billets, ils ont 100 sur leur compte bancaire. Donc ils acceptent d’avoir 100 sur leur compte bancaire et de ne retirer que 10 en billets. »

Attention — ne pas confondre la convention avec un ratio réglementaire. Dans l’explication du profe, le « 10 % de réserve » est d’abord une convention (« en moyenne », « *les banques sont très malignes *»). Il ne présente pas de ratio réglementaire légal. La conséquence qu’il en tire est nevertheless arithmétique.

  1. La création : « Donc elle prête 100 et elle garde 10 en billets. Elle a multiplié les 10. Par 10, c’est devenu 100. »
  1. La définition :
  1. La suite de la chaîne (explication détaillée que le profe refait de zéro) :

    • Vous déposez de l’argent à la banque (⚠️ « les 5 000 dollars de M. Trump, ils vous sont arrivés… l’enveloppe de Saint-Nicolas » — exemple humoristique de monnaie exogène). « Je ne sais pas d’où ça vient, mais c’est tombé là. »
    • La banque dit : « Je n’en ai pas besoin tout de suite, je le mets sur mon compte ». « L’argent qui dort, c’est dommage, il pourrait rapporter un intérêt. »
    • Elle prête à quelqu’un qui va acheter une machine à laver ⚠️ « attention, le prêt à consommation est dangereux », construire sa maison, ou une entreprise qui investit dans une nouvelle unité de production ou qui renouvelle son stock.
    • Mais l’emprunteur ne retire pas tout d’un coup, et « les gens à qui il va payer ses achats ne vont pas retirer tout l’argent tout de suite ».
    • Le cas du commerçant : « la banque qui prête un crédit commercial à un commerçant qui doit acheter un nouveau stock — le commerçant sort tout l’argent pour payer son fournisseur. Mais le fournisseur, lui, il laisse l’argent en compte pendant un certain temps. La banque se dit : cet argent est en compte, il ne sert pas, je le prête. »
    • ⟹ « Vous voyez qu’elle a prêté une deuxième fois (elle avait prêté une première fois au commerçant). Et ainsi de suite. »
  2. La limite, et pourquoi ce n’est jamais 100 % : « chaque fois l’argent est reprêté, jamais 100 %, parce qu’il y a toujours le risque : ah oui, mais le fournisseur pourrait revenir rechercher de l’argent. Oui, mais seulement 10 % en moyenne. Donc je garde 10 % en réserve dans le coffre de la banque, et le reste je le reprête à quelqu’un qui, de nouveau, ne va pas tout utiliser. Donc la banque garde 10 % en sécurité, mais elle reprête encore — 90 % de 90 %, ça devient de moins en moins. »

  3. La solución matemática : « Il faut 10 % de réserve. Donc puisqu’il faut 10 % de réserve, on peut prêter 10 fois plus. ⚠️ « La réserve peut servir dix fois, en quelque sorte » — Non, elle ne sert qu’une fois, mais il n’y a qu’une chance sur dix qu’on vienne la chercher. »

    La notación oficial (diapo 20 de CH3 §1, livre p.80) — el profe la dice con letras, así que conviene tenerla literal:

    SímboloSignificadoEjemplo
    Reservas — moneda fiduciaria y metal, garantizada por la BCE—
    Moneda en circulación — lo que sirve para pagar: billetes + depósitos—
    Coeficiente de reserva
    Multiplicador
    Moneda en circulación

    ⚠️ Dos precisiones de la diapo 21 que el profe no llega a desarrollar y que conviene saber:

    • El multiplicador tiene un valor variable, no es una constante : se mueve, y se aproxima a (moneda estrecha sobre moneda amplia).
    • En una crisis bancaria, sube y el crédito se contrae — que es exactamente lo que pasa en §21. Es el mismo mecanismo visto por el lado de la oferta.
  4. Le rappel des intérêts : « Sur tout ce qu’elles créent, les banques touchent des intérêts : elles payent des intérêts à la Banque centrale sur les dix premiers euros qui viennent de la Banque centrale, mais après elles en prêtent 100 qui leur apportent des intérêts. Avec ces intérêts elles payent leur personnel, elles doivent s’assurer que les gens remboursent. Donc ce n’est pas juste du bénéfice, c’est un boulot compliqué d’être banquier. »

  • La banque centrale aussi : « elle touche des intérêts sur de la monnaie qu’elle a créée à partir de rien. Donc elle touche aussi, elle fait aussi un bénéfice, mais elle doit aussi payer ses charges avec ça. »

21. Panique bancaire et la crise de 2008

La faillite possible : « Les banques créent de la monnaie, mais une monnaie bien particulière, la monnaie scripturale, la monnaie en compte. Si une banque crée trop d’argent et que tous les clients veulent sortir leur billet en même temps, elle est en faillite, parce que tout le monde veut ses billets et elle n’en a que 10 %. » ⟹ « C’est ce qui s’appelle une panique bancaire, une fermeture de banque. »

L’exemple 2008, que le profe situe par rapport à l’âge des étudiants : « C’est encore arrivé très récemment, mais vous étiez déjà né en 2008. On est en 26. Il y a 18 ans, donc vous êtes né en 2008. Vous n’avez pas de souvenir très précis de la panique bancaire de 2008, mais vous avez sans doute entendu parler. »

  • Et son propre âge : « je suis vieux, mais je ne suis pas né en 29. J’en ai aussi entendu parler. Mais c’est la même chose : panique bancaire en 29, les gens vont rechercher leur argent, et les banques n’ont pas assez de réserve pour satisfaire tout le monde, et elles ferment. »

Le rôle de la banque centrale — le prêteur en dernier ressort :

  • « En 2008, la Banque centrale va essayer de les dépanner, parce que les banques voient que tout le monde sort son argent, elles ne font plus crédit et il n’y a presque plus d’argent à prêter. Et donc la Banque centrale crée de la monnaie pour compenser, pour essayer d’arrêter la crise, et en fait pour donner des réserves aux banques qui n’en ont pas. »
  • « Quitte à ce qu’elles payent plus tard, parce qu’une fois que la panique est passée, les gens remboursent. Et donc les gens ne recherchent plus les billets, mais recherchent les comptes en banque, et tout se stabilise. »
  • « On a donc inventé la banque centrale qui prête en dernier ressort, c’est-à-dire qui prête alors plus facilement pour éviter qu’il n’y ait plus du tout de monnaie en circulation et que toutes les banques doivent fermer. Mais elle va le faire prudemment : elle va quand même vérifier que les banques n’ont pas fait trop de bêtises. »

L’affaire Lehman Brothers (septembre 2008), reconstituée par le profe :

  • Décision : « Ah non, là, je ne vous prête pas. Il va falloir que vous demandiez à vos actionnaires de remettre de l’argent dans la banque, ou autre chose. »
  • Le critère : « Vous n’êtes pas une banque systémique, comme on appelle ça, une banque qui va entraîner des tas de problèmes aux autres banques. Vous avez très mal géré votre banque, donc je ne pense pas que vous serez capable de me rembourser facilement si je vous prête. »
  • L’erreur de la Fed : « Ça a eu un effet plus grand que ce que la Banque centrale ne pensait, parce que les gens ont eu peur. Ils n’avaient pas compris qu’il y avait de bonnes raisons de ne pas prêter à Lehman Brothers. Ils ont cru que la Banque centrale, tout d’un coup, ne prêterait plus à personne. Et donc il y aurait tout d’un coup des fermetures massives de banques, pas juste d’une banque. Et donc on était déjà en crise, mais ça a alors transformé la crise en panique — parce que tout le monde s’est dit : oula, il y a des chances que ma banque, à moi aussi, elle ferme. Alors je vais vite chercher mes sous avant que la banque ne ferme. Et ça, il n’y avait aucune banque qui était capable de faire face à ça. »
  • Le remède : « Heureusement, la banque centrale a dit : non, c’était juste les Man Brothers ⚠️ « Man » est une transcription fautive de Lehman Brothers, les autres on va les aider. Mais on va demander aussi aux actionnaires d’aider un peu, ou un peu beaucoup. »
  • « Et donc ça a pris un peu de temps et il y a eu un grand nettoyage. »

L’épilogue belge : « La Belgique en sait quelque chose, puisque Fortis a été absorbée par BNP Paribas, parce qu’ils n’avaient plus assez de sous, et que Dexia a disparu. Et puis on a quand même su créer Belfius à partir de Dexia. Mais ça fait quand même deux banques qui ont été fameusement secouées, mais sans jamais fermer. Simplement, on a organisé tout un système de sauvetage, parce qu’elles avaient pris un tout petit peu trop de risques. »

22. Ouverture : la monnaie et l’ensemble des prix

Le profe pose la suite de la séance et la renvoie explicitement :

« On arrive au point suivant, qui est que, dans la monnaie : puisqu’elle permet d’acheter tous les biens et qu’elle permet d’être un étalon de valeur — c’est-à-dire mesurer le prix des biens —, on va s’intéresser à la relation entre la monnaie et le prix des biens. Mais pas seulement d’un bien, pas seulement les prix relatifs, mais aussi l’ensemble des prix : l’indice des prix à la consommation, le coût de la vie. Et ça, ce sera pour la semaine prochaine. »

⟹ Le titre de la diapo de clôture, dicté deux fois : « Le rapport entre la monnaie et l’ensemble des prix des biens ».


23. Nota metodológica del profesor — qué se espera en el examen

⚠️ Esta sección no está en la transcripción: sale de la diapo 35 de CH2 §3, « Note didactique sur la théorie des jeux ». Es la única diapositiva de toda la sesión que dice explícitamente cómo se os va a evaluar, así que va aquí aparte.

Lo que sí se espera de un estudiante de Bac

  1. Encontrar el o los equilibrios de un juego dado, y de diferentes juegos dados.
  2. Encontrar el o los óptimos de Pareto.
  3. Comentar los aspectos de justicia : igualdad, toma en consideración de terceros, situaciones particulares…
  4. Distinguir y comparar los equilibres, los óptimos y las situaciones justas.

Lo que no se pide

  1. Crear (imaginar) situaciones de juego sin que se proporcionen datos.
  2. Crear instituciones sin referencia a instituciones existentes.

🔑 Esta es la frontera exacta de lo que se puede inventar en un examen. Todo lo que hay antes en la nota — el dilema del prisonnier, el cartel, el bien public, el Game of Chicken, la circulación — son juegos con datos dados. Aplicarlos a un caso nuevo es legítimo; inventar un juego nuevo con números inventados, no.

La ficha sintética de conceptos (diapo 37) — para distinguir, no para confundir

ConceptoDefinición (a memorizar)¿En el dilema del prisonnier?
Équilibre« pas d’incitant individuel à changer (dévier) »OUI : Avoue–Avoue
Pareto (eficacia)« pas possible d’augmenter une satisfaction sans réduire une autre »NO : no es un equilibrio, y es dominado por la cooperación
Égalité« tous reçoivent le même gain (ou perte) » : correcto, pero poco pertinente
Uniformité« tous optent pour la même action »⟹ estrategia dominante

⚠️ El punto que más se confunde, y que el profesor subrayaba (diapo 23) :

« Équilibre du jeu » « partage équilibré » « éthique ». El lenguaje común dice que una solución « equilibrada » es buena para todos, pero eso no resulta necesariamente de un equilibrio no cooperativo.

Es decir: que el reparto sea parejo no significa que la situación sea estable, ni justa, ni eficiente. En el dilema del prisonnier el reparto es igualitario y estable, pero es ineficiente; el reparto es eficiente e igualitario, pero no es estable. Son tres preguntas distintas, y el curso entero consiste en no confundirlas.

La comparación con la sección 2 (diapo 37, columna de los cazadores) es el otro ejercicio clásico: en la caza del ciervo, Lièvre–Lièvre es equilibrio, es Pareto-dominante y equilibrio, y no son ni lo uno ni lo otro. ⟹ En el mismo juego, un punto puede ser las tres cosas o ninguna. Por eso hay que tratarlos por separado.

El marco QuERIR de la sección, y el caso que la abre

La sección arranca con dos preguntas de observación que son literalmente el programa de la sesión (diapo 5) :

« Les clients d’un commerce vont-ils faire la file devant le comptoir ou se bousculer pour être le premier servi ? » « Pourquoi le trafic routier souffre-t-il de beaucoup d’encombrements et ralentissements mais de peu de collisions frontales ? » Référence : livre p.54.

La segunda la responde la diapo 32 (§ 3.6 Institutions) con una frase que es la clave de todo el final del capítulo :

  • « Pourquoi autant d’encombrements mais peu de collisions frontales ? » ⟹ « *Jeux différents, solutions institutionnelles différentes. » Référence : livre p.73.

Es decir: el problema de las colisiones tiene institución (la prioridad) y por eso casi no hay colisiones; el problema de la congestión no la tiene, y por eso hay atascos. El profe lo repite al final de la sesión: el juego de la circulación es el único de la lista donde la solución institucional no se ha encontrado. Y el BCE lo dice de la misma manera: la banco central existe porque las banques no se hacen confianza entre ellas (§21).

Y la pregunta de investigación que deja abierta

La diapo 36 deja la puerta abierta al final de la sección, y es la que la moneda viene a responder:

Équilibre non-coopératif ⟺ normes communes.

Es la pregunta de investigación que abre el capítulo 3 : si las normes son un equilibrium posible sin passer par la coordination centralisée, alors la monnaie n’est pas un hasard historique, c’est une institution parmi d’autres.

24. Lo que queda para la semana siguiente

El profe cierra con « ce sera pour la semaine prochaine » y el plan de CH3 §1 lo confirma. Lo que no se ha visto todavía en esta sección (diapo 5) :

§TítuloQué es
1.3La monnaie : un bien particulier → les sources de création de monnaie⚠️ de esta sesión solo se ha hecho la mitad: las formas de moneda y la explicación del multiplicador. La lista de fuentes de creación (diapo 19) es más sistemática de lo que da el profe
1.4Indice des prix et pouvoir d’achat de la monnaieLo anunciado: « l’indice des prix à la consommation, le coût de la vie ». Diapo 25-29: índice de precios, fórmula de Laspeyres (base ), inflación , indexación , deflactor. El ejemplo del slide es Nuevo York 2007-2023, con contra tasa de inflación.
1.5Monnaie et prix : équation quantitative, con = oferta, = índice, = PIB nominal, = velocidad (usos por año, ej. ; o , , tenencia de año días). Motivos de tenencia : transacciones, precaución, especulación. Variaciones :
1.6Quantité et rôle de la monnaieNeutralidad de la moneda o no — con la tabla de casos reales: crisis 2008 (), crisis deuda 2012 (), Covid 2020 (), Covid 2021 (), Alemania 1923 ( pero )
—CriptomonomedasBlockchain; flotante (bitcoin, « créée à partir de rien »), estable (stable coins, Trump « Genius » act 2025), CBDC (managed por la banco central)
—Política monetariaMisión de la BCE : ; se ajusta con el tipo de interés (tipo alto, crédito bajo, baja)

📄 Todo esto está en Eco/Slides/CH3 - Coordonner - Sections 1.pdf, páginas 24-46. No se ha desarrollado en la sesión, así que queda fuera de esta nota — pero está ahí para cuando toque.


Points clés — [résumé]

  • Trois niveaux d’analyse (le fil du chapitre 2) : choix individuel (coût d’opportunité) ⟹ choix interdépendants (échanges, avantage comparé) ⟹ choix stratégiques (théorie des jeux). Le troisième est l’objet de la séance.

  • Équilibre ≠ optimum ≠ justice : l’équilibre est une situation stable, « qui ne bouge pas » ; ce n’est ni ce qui est juste, ni ce qui plaît à tout le monde, ni nécessairement l’optimum. Mais un équilibre trop sous-optimal bouge et cesse d’être un équilibre. Améliorer l’un sans détériorer l’autre exige une coordination non spontanée ⟹ les institutions.

  • Définitions de la séance : meilleure réponse = ce qu’on fait face à une action de l’autre ; stratégie = une réponse à une action possible de l’autre ; stratégie dominante = la même réponse est la meilleure quelle que soit l’action de l’autre ; équilibre = les meilleures réponses se rencontrent ; équilibre de Nash = équilibre non coopératif, fondé sur les incitants individuels.

  • Dilemme du prisonnier (années de prison, moins = mieux) :

    B : avoueB : nie
    A : avoue
    A : nie

    ⟹ avouer est dominant pour chacun ⟹ équilibre . L’optimum de Pareto est — mais il faut être sûr que l’autre nie. Donc l’optimum n’est pas un équilibre : il y a un incitant à avouer pour passer de 3 à 2 ans. Tenir l’optimum exige un accord, un contrôle, des sanctions ⟹ institutions.

  • L’autre aspect de la justice : l’intérêt des victimes. Si les prisonniers collaborent, la justice envers les victimes n’est pas assurée ⟹ application à la mafia (racketing + omerta) : les criminels collaborent entre eux pas avec la police, parce que le réseau de contrôle de la mafia est plus fort que la police (peine de mort abolie au niveau des États, pas des gangs). Les institutions servent parfois l’intérêt de leurs membres, pas toujours l’intérêt global.

  • Jeu du cartel (en clase) : dos empresas y un acuerdo de quotas. Mise de 2 € cada una. El dépassement es la estrategia dominante — gana contra si el otro respeta, y contra si el otro también incumple ⟹ único equilibrio , frente al óptimo de Pareto . Resultado de la clase: los dos incumplieron (Romain y Alice; sondeo de Wooclap con 30 participantes) y el profe se llevó 2 €. El « tercero jugador que no juega » es el consumidor: al vender más se hace bajar el precio, y el consumidor gana. ⟹ Así es exactamente como las autoridades de la competencia destruyen un cartel: ofrecer rebajas de multa a las empresas que confiesen el acuerdo, es decir, recrear el dilema del prisionnier. Límites: los acuerdos secretos se sostienen, y un cartel puede estar respaldado por una gran potencia (la OPEP por Arabia Saudí, que puede inundar el mercado; el petróleo de shale estadounidense por debajo de 50 $ no es rentable, y el estrecho de Ormuz).

  • Bien public / tragédie des communs : nettoyer ou polluer. Si la propreté est appréciée et gratuite ⟹ tout le monde nettoie. Mais nettoyer coûte un effort ⟹ « j’aime bien que ce soit propre, mais je n’aime pas que ça me coûte ; je vais attendre que l’autre nettoie » ⟹ tout le monde pollue. Même logique pour le : coût certain et immédiat, bénéfice incertain et différé ⟹ « après moi, les mouches ».

  • Game of Chicken (le bras de fer, l’ego) : deux égaux ne veulent pas céder ⟹ pas d’équilibre unique, stratégies mixtes (« une fois sur deux au milieu, une fois sur deux de côté »). Solutions : règles de priorité fixées à l’avance (personne n’a l’impression d’avoir cédé) ou route élargie. La priorité est acceptée grâce au voile d’ignorance + principe d’égalité, avant et pas après : chacun peut venir une fois de gauche et une fois de droite ⟹ la priorité de droite n’est perçue par personne comme un avantage.

  • Congestion (voiture vs train) : l’absence de trains est ce qui rend la voiture attractive ; boucle de renvoi. Et surtout : si tout le monde prend le train, la voiture est encore plus géniale (seul sur la route) ⟹ la voiture est la stratégie dominante ⟹ de nouveau un dilemme du prisonnier (Pareto = tous en train ; équilibre = tous en voiture). ⟹ Il faut taxer la circulation automobile, mais uniquement si on offre des alternatives, sinon c’est perçu comme du harcèlement et « c’est comme ça que les écolos perdent une élection sur deux ».

  • Synthèse : 3 types de situations (seul à la façon de Robinson Crusoe / avec d’autres mais sans interaction stratégique / avec effet stratégique) pour l’analyse positive (« ça raconte ce qui se passe ») ; + 1 pour l’analyse normative (« pour qui ? »), qui a dialogue permanent avec la positive. Règle d’or : sans incitants qui poussent vers la meilleure situation, une belle déclaration normative « ça devient du wishful thinking ».

  • La monnaie = moyen de coordination (« un des moyens de coordination, c’est de passer par des échanges en monnaie »). C’est un bien accepté par tous, et en particulier par l’État, comme paiement de transactions et règlement de dettes.

  • Les trois fonctions : moyen d’échange (remplace le troc : l’employeur ne donne pas ce que vous voulez, il donne de la monnaie) · moyen de mesure (dit la valeur des bananes en kilos de pommes) · moyen d’épargne / réserve de valeur (de l’argent bloqué qui ne circule pas). Plus trois qualités : séparation dans le temps, divisibilité (les centimes), anonymat (« au fisc peut-être, mais pas aux vendeurs de sandwichs »).

  • Pouvoir d’achat : diminue quand les prix augmentent ; augmente quand les prix baissent — rare, mais arrivé pendant la Covid. Historiquement dangereux : après le crash de 29, les prix baissent, on n’achète plus en attendant plus bas ⟹ effet cumulatif. On accepte malgré tout de détenir de la monnaie parce que c’est pratique : « vous ne vendez pas des actions ou des bitcoins pour acheter votre sandwich » ⟹ encore une analyse coût-bénéfice.

  • Prix nominal = quantité de monnaie par unité du bien. Prix relatif = quantité d’un autre bien par unité du bien. Le prix relatif EST le coût d’opportunité : kg de bananes = kg de pommes ; kg de pommes = kg de bananes. La monnaie permet de mesurer les échanges et de comparer les biens réels entre eux.

  • Notation : ; c’est une variation, et on ajoute le signe quand on le sait : ou . (Ex. : 100 € → 120 € donne €.)

  • Les formes de monnaie : métallique (avec garantie sur la quantité de métal — la tête de l’empereur ; les Romains débasaient : « ils disaient 1 gramme, il n’y en avait que 0,9 ») · virtuelle certifiée (le bitcoin : rareté garantie par la règle de fabrication, mais les 3 fonctions tiennent mal — « vous ne pouvez pas payer vos impôts en bitcoin ») · fiduciaire (« le mot confiance est caché là-dedans », papier inventé par les Chinois, un billet de 50 € ne contient pas 50 € de matière : « tant qu’on y croit, ça va ») · scripturale (une écriture, jamais en main) · parallèles (n’importe qui peut en créer : les tickets de caisse d’un club, le bon de réduction d’1 € sur un pot de mayonnaise — mais ça ne marche pas très bien comme monnaie). Critère de qualité : être acceptée par son émetteur.

  • L’impôt a donné son succès à la monnaie : payée en nature (un bœuf) à l’origine, puis en monnaie ; « ça a donné à la monnaie une valeur de circulation formidable ».

  • Création monétaire : l’État « imprime et achète » ⟹ en réalité il paie tout de suite et se fait rembourser plus tard par les impôts ⟹ « il a créé de l’argent à partir de rien ». Aujourd’hui, la banque centrale crée la monnaie fiduciaire et la prête aux banques, qui la prêtent aux citoyens. Objectif de la BCE : ~2 % d’inflation (« pas trop grave, parce qu’on produit beaucoup plus de biens »).

  • Multiplicateur de crédit : les banques savent que les citoyens n’auront pas besoin de tous les billets ⟹ si la banque centrale prête 10, la banque prête 100 et en garde 10 en réserve. on peut prêter 10 fois plus.

L’argent se reprête en chaîne (dépôt → commerçant → fournisseur qui le laisse en compte → reprêté…) mais jamais à 100 %, car il y a toujours le risque d’un retrait : d’où la réserve. Les banques (et la banque centrale) touchent des intérêts sur ce qu’elles créent — « ce n’est pas juste du bénéfice, c’est un boulot compliqué d’être banquier ».

  • ⚠️ Lo que SÍ se pide en el examen (de la diapo note didactique) : encontrar el o los equilibrios de un juego, el o los óptimos de Pareto, comentar la justicia (igualdad, interés de terceros) y distinguir y comparar las tres cosas. Lo que NO se pide : inventar un juego con números propios, ni crear instituciones sin referencia a existentes.
  • La trampa conceptual de la sección : « équilibre du jeu » ≠ « partage équilibré » ≠ « éthique ». En el dilème del prisonnier, es igualitario y estable pero ineficiente, y es eficiente e igualitario pero inestable. Son tres preguntas distintas.
  • Panique bancaire : si tous les clients veulent retirer en même temps, la banque n’a que 10 % ⟹ fermeture de banque. C’est ce qui s’est passé en 1929 et en 2008. D’où la banque centrale, prêteur en dernier ressort : elle crée de la monnaie pour redonner des réserves aux banques, en vérifiant qu’elles n’ont pas fait trop de bêtises (sinon : « il va falloir que vous demandiez à vos actionnaires de remettre de l’argent »). Lehman Brothers : la Fed refuse, le marché panique (elle avait compris qu’on ne prêterait plus à personne), ce qui transforme la crise en panique. Épisode belge : Fortis absorbée par BNP Paribas, Dexia disparue, Belfius créée sur ses cendres — secouées mais jamais fermées.
  • La semaine prochaine : le rapport entre la monnaie et l’ensemble des prix des biens — l’indice des prix à la consommation et le coût de la vie.

Doutes / à vérifier

✅ Resueltos al contrastar con los slides (Eco/Slides/) — se conservan aquí para que se vea qué se corrigió y con qué criterio:

DudosaResoluciónFuente
« dépasser » no parece dominante en el cartelSí lo es. Con las cifras reales ( / / ) dominates en las dos columnas. Mi duda anterior estaba mal planteada: había reconstruido el tableau con números inventados.Diapo 26, CH2 §3
« WUCLAP » / « Wouklap »WooclapDiapo 26 : app.wooclap.com/events/DKFMAQ/0
« KERIR » sin desarrollarQuestion · Observations · Exemple · Raisonnement · Implications · RéflexionDiapositiva de transición, CH2 §3 y CH3 §1
« ça peut s’apprécier quand les prix montent »El slide dice « baisse » (déflation). El ASR invirtió el sentido.Diapo 16, CH3 §1
« cotes à projet »code à projet (lo da la definición del propio ponente)Definición, l. 1197
« les resquilleurs »Palabra correcta en francés, no un error de ASR—
« les Man Brothers »Lehman BrothersContexto 2008
Título del capítulo de la monedaCH3 « Coordonner », § 1 « Le rôle de la monnaie »Diapo 1-2, CH3 §1
« Tartampion »Sigue sin identificar: es un nombre propio en el pasaje del débasage (« Tartampion disait : vous avez un gramme d’or »). Probablemente una referencia literaria al vanidad del metal, pero no lo puedo confirmar sin audio.—

⚠️ Lo que sigue sin poder resolverse (no hay audio, y son cosas que los slides no contienen):

  • La matriz de ganancias del juego de la circulación (el « 3 » del que habla el profe). La diapo 33 de CH2 §3 solo da las dos listas de soluciones y remite al livre p.73. Es el único juego de la sesión sin tableau recuperable.
  • El diálogo del fragmento de film (l. 152, « de l’équilibre noncoopératif à l’optimum »). El contexto sí se conoce por la diapo 7: el video es youtube.com/watch?v=Dq4pkxYXMcM, y la sesión developing la idea la hace igualmente vía dilema del prisonnier.
  • El tono y el orden exacto de algunas frases, al no haber marcas de tiempo.
  • La frase sobre los « priorités » de los externos (l. 1226) y la frase sobre el nombre de la instancia móvil (« côté local », « Cocotte »), en la parte administrativa: el ASR es demasiado sucio y el contexto no las desambigua. Probablemente sea un nombre propio de una asociación; irrelevante para el examen.

📄 Para consultar cuando releas (todo en Documents/La Uni/Bac 2/Eco/Slides/):

DocumentoQué te da
CH2 - Choisir et interagir - Sections 3.pdf (39 p.)Tabla del dilema del prisonnier y del cartel, tabla de la caza del ciervo, lista de las 3 dimensiones de la institución, la nota de examen, la ficha sintética de conceptos, los vídeos
CH3 - Coordonner - Sections 1.pdf (47 p.)Tabla bananas/pommes, las 3 funciones con su detalle, creación de moneda, notación completa del multiplicador (, , ), y todo lo de la semana siguiente (índice de precios, Laspeyres, ecuación cuantitativa, cripto, política monetaria)
CH3 - Coordoner - Sections 2.pdf y 2.5.pdfSección siguiente, aún no vista
CD01-2026 Questionner-Observer.pptxLa plantilla KERIR
El livre (de Crombrugghe, 2016)p.54 (preguntas de la sección) · p.67 (estrategias) · p.69 (dilema del prisonnier) · p.70 (incitants) · p.73 (encombrement e instituciones) · p.76-84 (moneda) · p.87 (gráfico M vs P)